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Contacts rédaction : Nicolas
CHEHANNE - Martine
LIOGIER - Delphine
FOUCAUD - Elisabeth
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E D I T O R I
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Le 7ème programme Cadre de Recherche et développement
de l'UE se profilant pour la fin de l'année, il nous semble intéressant
de faire un nouveau point sur les avantages et les inconvénients
pour les industriels d'une participation aux projets européens
de R&D collaboratifs. Sommaire : Les programmes Cadre de Recherche et Développement (PCRD) de l'UE. Les projets européens dans le cadre de PCRD existent
depuis 1984.
Les PCRD fixent les thèmes de recherche par priorité thématiques
et les budgets d'aide leur sont associés. Pour les projets de recherche collaborative, les 10
thèmes "prioritaires" seront : Les programmes et les budgets des PCRD sont gérés
directement par la Commission Européenne qui fait appel à
des experts indépendants pour les phases de sélection des
propositions et l'évaluation des projets. Le mode de sélection des projets est basé sur le système des appels d'offre (publiés au journal officiel des communautés européennes). Critères de sélection : les propositions sont notées
sur les points suivants: Le processus - appels d'offres / propositions / sélection / négociations - dure environ 9 à 12 mois. Le taux de succès moyen pour la sélection est de l'ordre de 15 à 20 %. Modes de financement : les aides sont directement versées
par la Commission Européenne au contractant principal (coordinateur),
qui les redistribue ensuite aux différents partenaires. Tous les
partenaires font une " déclaration de coûts " annuelle,
centralisée par le contractant principal. Crée en 1985, le programme EUREKA est un programme européen avec une conduite différente. Il existe deux formes de projets EUREKA, ceux dans le cadre de clusters (MEDEA+, ITEA, , voir plus bas) qui sont suite à des appels à projets, et ceux présentés au fil de l'eau. Il n'est pas géré par la commission Européenne et ne fait donc pas partie des PCRD. Il n'y a pas de budget Européen associé. Il s'agit en fait d'un système de labellisation de projets multinationaux. Actuellement, 36 pays, Européens ou " associés " participent à ce qu'on appelle " l'initiative EUREKA ". Chaque pays participant possède un " bureau EUREKA ". Le comité de labellisation EUREKA se réunit plusieurs fois par an et examine les projets en vue d'une éventuelle labellisation. Ce sont ensuite les différents pays membres qui passent contrat
et financent directement les partenaires de leur pays. Les circuits de
financement diffèrent d'un pays à l'autre. En France, il
peut s'agir de subventions ou bien d'avances remboursables forfaitaires
suivant le cas. Les financements proviennent des ministères (de
la recherche, de l'industrie). Le taux d'aide en France est de 30% pour
les subventions ou 50% pour les avances remboursables en général.
En France, le bureau EUREKA est hébergé par OSEO-ANVAR.
Les Clusters EUREKA ("initiatives stratégiques"). A l'intérieur du système EUREKA, les pays membres ont décidé la création de " clusters EUREKA " qui prennent en charge la promotion de thèmes particuliers : - PIDEA+ (" Packaging and Interconnect for the Development
of European Applications") Un nouveau cluster EUREKA a été labellisé, EURIPIDES, qui est la fusion de Pidea+ et EURIMUS2. Chacun de ces clusters est animé par un " bureau " qui
reçoit les propositions courtes (AOP) puis les propositions complètes
(FPP). Le principe est le même qu'Eureka, à savoir un système
de labellisation avec financement des partenaires chacun dans son pays.
Intérêt, avantages et imperfections des différents types de projets Européens. Intérêt Tous les types de projets européens ont en commun l'énorme intérêt de favoriser les collaborations scientifiques, parfois aussi industrielles, entre les organismes de recherche et les industriels de différents pays européens. Pour ceux qui ont la chance d'y participer, les projets européens sont une fantastique opportunité de collaborer avec des chercheurs et ingénieurs d'autres pays. C'est une occasion d'échanges scientifiques et techniques d'abord, mais aussi, d'échanges culturels. Quant on a participé à plus d'une douzaine de projets Européens, on a forcément eu l'occasion de travailler avec des partenaires de tous les Pays Européens. On s'aperçoit que, même si l'Europe a tendance à légèrement uniformiser les habitudes et les comportements, il n'en demeure pas moins que des différences importantes et enrichissantes subsistent. En évitant de trop généraliser, on constate que certains clichés sur les différences entre pays du nord et pays du sud ne sont pas complètement dénués de fondement. La confrontation, la collaboration, la comparaison avec l'extérieur sont toujours extrêmement profitables. Phase de proposition Il faut être conscient que la préparation d'une proposition pour un projet européen est un gros travail, surtout pour le " prime ". Le temps nécessaire dépend de nombreux facteurs dont notamment le nombre de participants. Plus le nombre de participants est grand, plus le projet est alors difficile à monter. L'initiative naît souvent d'une discussion entre deux " partenaires " qui se découvrent un intérêt commun pour un sujet de recherche. Le sujet une fois précisé, on cherche les partenaires complémentaires " idéaux ", de préférence parmi les laboratoires ou les industriels qu'on connait déjà. On écrit un petit memo et on consulte les partenaires pressentis. Quand on a rassemblé les partenaires adéquats, on se lance dans la rédaction. La désignation du " prime " est l'objet d'âpres discussions. Les volontaires sont rarement spontanés parce que tout le monde sait que c'est une tâche, certes intéressante, mais lourde et ingrate, tant dans la phase de proposition que dans la phase de pilotage du projet. Quand on sait que le taux de succès est limité (25% pour les programmes du PCRD), on hésite parfois a engager une telle somme de travail. Formalisme : Les projets européens du PCRD encadrent les propositions
dans un formalisme rigoureux. C'est à la fois un avantage et un
inconvénient. L'avantage est que la rédaction est bien guidée.
Toutes les rubriques sont prévues et le nombre de pages défini.
La proposition comporte une partie technique et une partie financière
détaillée. Les projets Eureka ou les projets des clusters Eureka, ont un formalisme moins contraignant. En particulier, la proposition comporte deux phases. La première phase est une proposition " légère " (AOP, " Abstract of Proposal) permettant une présélection par le " bureau " (Eureka, Pidea, Medea...). A ce niveau il peut y avoir des allers-retours pour améliorer le projet sur divers aspects (technique, partenaires...). Une fois l'AOP retenue, vient la phase de rédaction de la proposition complète (FPP, " Full Project Proposal "). Même si le formalisme est moins rigide, il existe des canevas de proposition pour aider à la rédaction. Là encore, le " bureau " peut-être d'une aide précieuse pour améliorer la proposition et prévoir les circuits de financement. Une fois la proposition prête, elle peut passer en commission pour labellisation. Compte tenu de l'accompagnement des propositions par le bureau, le taux de succès moyen est bien meilleur que pour les projets PCRD.
Dans les projets européens gérés par la commission, le financement est assuré directement par Bruxelles. L'obtention d'un contrat garantit donc l'obtention des financements correspondants dans des délais parfaitement maîtrisés. Au contraire, dans les projets de type Eureka, y compris les clusters, le financement des partenaires n'est pas automatique. Dans certains pays, dont la France et la Belgique, la coordination est bien assurée entre l'obtention du label Eureka (ou du label d'un des clusters) et l'obtention d'un financement. Malheureusement, il n'en est pas toujours de même suivant les pays et les époques. Ces dernières années, de sérieux problèmes de financement des projets Eureka ou Pidea, pourtant dûment labellisés, ont été rencontrés en Italie, au Portugal, en Allemagne, en Finlande Il arrive aussi, souvent, que les financements soient obtenus dans les différents pays, mais avec des dates de début et des durées différentes d'un pays à l'autre. Phase de déroulement du projet Là encore, il faut être conscient que le pilotage d'un projet européen peut être une tâche lourde, surtout pour le " prime ", mais aussi parfois pour les partenaires. Une fois de plus, plus le nombre de partenaires est grand, plus lourde est la tâche. Le lot quotidien du " prime ", est la relance pour les contributions aux rapports techniques et aux rapports d'avancement,... et l'organisation des réunions de consortium... Le travail de coordination est a priori le même pour les projets PCRD ou pour les projets de type Eureka ou Clusters. A ceci près que le mode de financement des projets PCRD oblige à une coordination parfaite des rapports et des déclarations de coûts (" cost statements "). C'est une contrainte, et c'est en même temps une aide à la coordination du projet. Pour les projets de type Eureka ou clusters, il n'y a aucune coordination des déclarations de coût entre les pays ni même entre les partenaires d'un même pays. C'est plus souple... mais l'aspect financier échappant à la coordination du prime, celui-ci ne peut se servir de ce levier pour obtenir les contributions des partenaires en temps et heure. Grands projets (IP - Integrated Projetcs dans le 6ème PCRD). L'idée de base des " projets intégrés " est a priori intéressante : elle consiste à constituer un projet sur la base d'une intégration entre tous les partenaires, l'intégration pouvant être verticale, horizontale, ... Par exemple, l'intégration verticale peut consister à rassembler tous les acteurs nécessaires à la réalisation d'un produit, depuis les composants de base, jusqu'au système en passant pas les sous-systèmes, les logiciels, ... et toutes les activités connexes comme le marketing, le commerce... Le consortium inclut aussi les laboratoires de recherche permettant de développer les technologies nécessaires au produit. Une intégration horizontale serait par exemple un projet de comparaison des savoir-faire à travers l'Europe sur une technologie donnée. Le problème est que l'idée de projet intégré a été associée à l'idée de gros projet avec de nombreux partenaires (10-20), impliquant de nombreux pays, avec par conséquent un budget important (contribution moyenne 10 M€) et une durée pouvant aller jusqu'à 60 mois ! Projet de recherche ciblé (STREP- Strategic Targeted Research Project dans le 6ème PCRD). Les STREP sont les instruments " traditionnels " du PCRD, comme l'étaient les BRITE, ESPRIT, ... Il s'agit de projets de recherche au sens habituel, d'une durée de 16 à 36 mois. Le nombre de partenaires et de pays est en général limité (5-10 partenaires, 4-5 pays) et le sujet est bien circonscrit. Le budget est raisonnable (contribution moyenne 2 M€). Il n'existe pas une seule bonne formule. Chaque système a ses avantages et ses inconvénients. Seuls sont à éviter, les projets avec trop de partenaires et les sujets trop vastes. Cinq ou six partenaires est l'idéal. Jusqu'à dix partenaires reste raisonnable. Les avantages et imperfections (ou souhaits d'amélioration) des
différents systèmes pourraient être résumés
dans un tableau comme suit :
399 route des crêtes - BP 232
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Newsletter Europe| Numéro 22| Juillet & Août 2006 |
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