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Contacts rédaction : Nicolas
CHEHANNE - Martine
LIOGIER - Delphine
FOUCAUD - Elisabeth
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D O S S I E R
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2006 est l'Année européenne de la mobilité
des travailleurs. A ce titre de nombreuses manifestations auront lieu
sur le territoire de l'Union européenne. En région Provence-Alpes-Côte
d'Azur, on notera plus particulièrement trois évènements
: I. Les bénéficiaires A - Les bénéficiaires directs : les travailleurs migrants La libre circulation des travailleurs
est assurée par l'article 39 du traité CE ainsi que par
l'article premier du règlement n°1612/68/CEE du Conseil du
15 octobre 1968 relatif à la libre circulation des travailleurs
à l'intérieur de la Communauté3 (ci-après
le règlement n°1612/68/CE). Ces règles s'appliquent aux "travailleurs migrants",
c'est-à-dire aux personnes qui quittent leur pays d'origine pour
aller travailler dans un autre Etat membre. En revanche, elles ne s'appliquent
pas aux personnes qui n'ont jamais quitté leur pays d'origine.
Toutefois, elles couvrent les personnes qui y reviennent après
avoir exercé leur droit à la libre circulation. En plus, ces règles s'appliquent uniquement aux travailleurs salariés.
Les travailleurs Elles bénéficient à tout ressortissant d'un Etat
membre et cela quel que soit le lieu de sa résidence. Les règles
communautaires relatives à la libre circulation des travailleurs
s'appliquent également aux Etats membres de l'Espace économique
européen (ci-après l'EEE) : l'Islande, le Liechtenstein
et la Norvège. Par ailleurs, certains ressortissants d'Etats tiers
bénéficient, en vertu d'un accord particulier passé
avec la Communauté, en tout ou en partie de la libre circulation.4 Concernant les exigences tenant à la nature d'activité, il est nécessaire que l'activité revête un caractère réel et effectif, défini par le fait d'être employé par un tiers et de toucher une rémunération. Le contenu Elle comporte le droit de répondre à des emplois effectivement
offerts, de se déplacer à cet effet librement sur le territoire
des Etats membres (de chercher un emploi dans un autre Etat membre et
d'y travailler), de séjourner dans un des Etats membres afin d'y
exercer un emploi et de demeurer sur le territoire d'un Etat membre après
y avoir occupé un emploi.5 Toute discrimination, fondée sur la nationalité, entre les
travailleurs des Etats membres, en ce qui concerne l'emploi, la rémunération
et les autres conditions de travail, est interdite.6 Les travailleurs ressortissant d'un Etat membre bénéficient
sur le territoire des autres Etats membres des avantages sociaux et fiscaux
que les travailleurs nationaux.7
Nature du droit et base légale Les bénéficiaires indirects sont titulaires d'un droit dérivé,
dont l'exercice est subordonné à l'exercice de son droit
propre par le bénéficiaire direct auquel ils sont liés,
en d'autres termes le bénéficiaire direct doit être
un travailleur migrant. Cette disposition vise à exclure les situations
purement internes. Le règlement n°1612/68/CEE accorde au conjoint
et aux enfants du travailleur de moins de 21 ans ou à la charge
du travailleur migrant le droit d'accéder à une activité
salariée dans le même Etat, y compris lorsqu'ils n'ont pas
la nationalité d'un Etat membre (art.11). La directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 20049 qui devait être transposée en droit national et appliquée au plus tard le30 avril 200610, étend ce droit au partenaire avec lequel le citoyen de l'UE a contracté un partenariat enregistré (si ce partenariat est équivalent au mariage dans l'Etat d'accueil, ci après le partenaire)11, aux descendants directs du conjoint ou du partenaire, et aux ascendants directs à charge et ceux du conjoint ou du partenaire (art.23).12 Les dérogations Il existe trois dérogations à la libre circulation des travailleurs - l'une justifiée par des raisons d'ordre public, de sécurité publique ou de santé publique, l'une liée aux emplois dans la fonction publique, et l'une spécifique aux ressortissants des nouveaux Etats membres. A L'ordre public, la sécurité publique et la santé
publique (chapitre VI de la directive 2004/38/CE)13 Afin qu'un Etat membre puisse restreindre la libre circulation en invoquant les motifs exposés ci-dessus, il est impératif qu'il se conforme aux exigences du droit communautaire. En aucun cas ces raisons ne peuvent être invoquées à des fins économiques. L'ordre public et la sécurité publique Les mesures d'ordre public ou de santé publique doivent respecter le principe de proportionnalité et être fondées exclusivement sur le comportement personnel de l'individu concerné. Il est notamment exigé que le comportement de la personne concernée représente une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société. Des justifications non directement liées au cas individuel concerné ou tenant à des raisons de prévention générale ne peuvent être retenues. Par ailleurs, l'existence de condamnations pénales antérieures ne peut à elle seule motiver de telles mesures.14 La santé publique Les seules maladies justifiant des mesures restrictives de la libre circulation sont les maladies potentiellement épidémiques telles que définies dans les instruments pertinents de l'Organisation mondiale de la santé ainsi que d'autres maladies infectieuses ou parasitaires contagieuses pour autant qu'elles fassent, dans le pays d'accueil, l'objet de dispositions de protection à l'égard des ressortissants de l'Etat membre d'accueil.15 C - Les travailleurs des nouveaux Etats membres Le régime transitoire 2004-2011 fondé sur le traité
d'adhésion. Le bilan de la première phase transitoire La Commission européenne a souligné, dans son rapport du 8 février 2006, l'importance de la pleine application du droit communautaire en matière de libre circulation des travailleurs. Elle a constaté que, premièrement, les flux de mobilité entre les anciens et les nouveaux Etats membres sont très limités et ne sont pas suffisants pour influencer le marché du travail de l'UE en général, et que, deuxièmement, les flux migratoires suivant l'élargissement ont eu des effets positifs sur les économies des anciens Etats membres (croissance économique, amélioration des finances publiques). Les Etats membres qui ont ouvert leurs frontières au 1er mai 2004 n'ont pas constaté de perturbations sur les marchés nationaux du travail à la suite de l'élargissement. En revanche, ils considèrent que les ressortissants des nouveaux Etats membres contribuent à atténuer les pénuries de main d'uvre dans certains secteurs. La Commission européenne a également rappelé que les restrictions à l'accès au marché du travail risquent d'augmenter le travail non déclaré. Fin de la première phase transitoire Au 30 avril 2006, les Etats membres ont dû communiquer
leur décision soit de maintenir les restrictions à la libre
circulation soit de les lever. L'Espagne, le Portugal, la Grèce
et la Finlande ont décidé d'ouvrir leurs frontières
et rejoignant ainsi le Royaume-Uni, l'Irlande et la Suède. L'Allemagne,
l'Autriche et les Pays Bas vont maintenir les restrictions. L'Italie a
décidé d'augmenter les quotas relatifs aux travailleurs
des nouveaux Etats membres (à 170 000) tout en maintenant les restrictions.
Et quatre Etats membres (la France, la Belgique, le Luxembourg et le Danemark)
vont maintenir les restrictions mais avec des assouplissements Quant à la France, le gouvernement a décidé de simplifier la procédure d'autorisation de travail pour 61 métiers de 7 secteurs qui connaissent des difficultés de recrutement (BTP, lhôtellerie - restauration, alimentation, lagriculture, mécanique - travail des métaux, les industries de transformation, le commerce et la propreté). Ces 61 métiers, sélectionnés après concertation avec les partenaires sociaux, représentaient près de 700 000 offres d'emploi en 2005 (soit 20% des offres d'emplois sur le marché) dont un tiers en moyenne ne pouvait être pourvu faute de demande. L'autorisation de travail délivrée par la direction départementale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP) reste la règle mais avec une dérogation qui simplifie considérablement la procédure et notamment son délai : désormais, l'employeur n'a plus besoin de publier son offre à l'ANPE. Les DDTEFP ne pourront plus opposer la situation locale de l'emploi à une demande d'autorisation de travail pour les ressortissants des nouveaux Etats membres en ce qui concerne les 61 métiers. De plus, le gouvernement français aura la possibilité, au cours de la période de transition allant jusqu'au 1er mai 2009, d'étendre cette liste à d'autres métiers et professions. La clause de sauvegarde Le traité d'adhésion prévoit que les Etats membres qui ont ouvert leurs frontières pourront recommencer à imposer des restrictions. Il s'agit d'une "clause de sauvegarde" qui permet à un Etat membre, qui a cessé d'appliquer les dispositions nationales et qui applique pleinement la libre circulation des travailleurs conformément au droit communautaire, de demander l'autorisation au Conseil d'imposer de nouvelles restrictions si son marché de l'emploi est menacé ou connaît des problèmes graves. A ce jour, elle n'a jamais été invoquée. Les conséquences Ce régime transitoire, outre qu'il s'agit d'une atteinte à l'un des fondements du marché intérieur de l'UE, a des conséquences importantes pour des employeurs souhaitant recruter un ressortissant d'un des huit nouveaux Etats membres de l'UE. En effet, les travailleurs salariés de nouveaux Etats membres ne bénéficiant pas de la libre circulation restent soumis aux dispositions du droit national en la matière : régime d'autorisaton, titre de séjour et titre de travail. (Extraits du dossier réalisé par l'EIC de Haute-Normandie pour le site Internet des EIC français - dossier complet sur http://www.eic.minefi.gouv.fr)
1 L'ensemble de la législation communautaire est
accessible sur le site http://europa.eu/eur-lex/ 2 Les règles en matière de détachement
des travailleurs sont posées par la directive 96/71/CE du 16 décembre
1996 concernant le détachement de travailleurs effectué
dans le cadre d'une prestation de services (JOCE L 018, 21 janvier 1997,
p.1). Exemple : l'entreprise slovaque envoie ses salariés pour
trois mois en France afin qu'ils effectuent des travaux pour l'entreprise
française. Les conditions du détachement sont suivantes
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Newsletter Europe| Numéro 21| Juin 2006 |
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