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Fiscalité communautaire appliquée au secteur du nautisme
: restitution des échanges de la journée du 9 février
2006.
Le 9 Février dernier, l'Euro Info Centre Nice Côte d'Azur
a organisé en partenariat avec le Pôle Nautique de la Chambre
de Commerce et d'Industrie Nice Côte d'Azur une manifestation sur
le thème de la fiscalité appliquée au secteur du
nautisme.
Les intervenants étaient :
- M. Johansen, Président du Groupe de travail
Plaisance et Yachting à la Chambre de Commerce et d'Industrie Nice
Côte d'Azur;
- M. Vincent, Rédacteur à la réglementation à
la Direction régionale des Douanes des Alpes Maritimes ;
- M. Giraudet, Attaché principal à la Direction générale
des Impôts ;
- M. Pehau, Directeur départemental des Affaires Maritimes ;
- M. Voisin, Président de ECPY et Administrateur du MYBA.
Voici un extrait des propos tenus par M. Vincent de la Direction régionale
des Douanes des Alpes Maritimes :
"Pour rappel, avant la mise en place du marché
intérieur en 1993, la fiscalité appliquée aux bateaux
français était TTC et généralement HT pour
les bateaux étrangers. Puis, à partir de 1993, deux catégories
ont été mises en place :
- d'une part une catégorie bateaux communautaires (français
et des autres Etats membres de l'Union européenne) qui devraient
être TTC ;
- de l'autre côté un statut particulier pour les pays tiers.
Pendant 11 ans, il y a donc eu un régime dérogatoire propre
au territoire français. En outre chaque Etat membre avait mis en
place son propre dispositif pour aider ce type d'activité.
Ce système, à terme posait des problèmes car il demeurait
fragile, on pouvait le remettre en cause sur décision du Ministre,
et il était aussi gênant pour les services douaniers, que
pour les professionnels car susceptible d'interprétations diverses.
Il a donc été remplacé en 2004 grâce à
la création d'un statut de la plaisance commerciale.
1) DEFINITION :
A l'initiative des Professionnels, un statut a été mis en
place avec la Direction de la législation fiscale qui a abouti
en mai 2004 à un nouveau régime de la plaisance commerciale
censé faire disparaître tous les problèmes antérieurs
et officialiser la particularité de ce type d'activité économique
et de ce type de bateaux. Les textes ayant mis en place ce statut sont
le bulletin officiel des douanes du 24 juin 2004 et le bulletin des impôts
du 24 janvier 2005.
La solution trouvée : assimiler les bateaux de grande plaisance
à des bateaux de commerce et leur donner un certain nombre d'avantages
liés à cette navigation commerciale.
Aujourd'hui il existe un statut particulier de la plaisance commerciale
pour accorder des avantages fiscaux uniquement aux navires exploités
à titre lucratif de manière permanente et qui doivent obéir
à trois conditions cumulatives :
1ère condition : Présentation d'un certificat
d'immatriculation commerciale comportant la mention " commerce "
ou " d'utilisation commerciale ".
En France, les bateaux de commerce ont un livret bleu et un livret orange
pour la plaisance Dans les autres pays, outre le fait qu'au niveau international
un titre de nationalité est obligatoire pour la navigation maritime,
chaque état doit en délivrer un pour un bateau battant son
pavillon. Ainsi les notions commerciales sont relativement claires pour
certains Etats, comme la Grande Bretagne par exemple.
Ceci est un peu plus compliqué dans d'autres Etats par exemple
l'Italie ou la Belgique où le bateau peut être immatriculé
en tant que " motor yacht " : c'est en fait un bateau de plaisance
autorisé à faire du transport de personnes ou à avoir
une activité commerciale.
Il faut impérativement que l'acte de nationalité précise
que le bateau pratique la navigation commerciale, autrement il ne peut
avoir accès aux avantages attachés au régime de la
plaisance commerciale.
2ème condition : Utilisation du navire de manière
exclusive dans le cadre de contrats de location (ou d'affrètement).
Il faut que, lorsqu'un bateau navigue, il soit couvert par un contrat
de location, contrat de charter en bonne et due forme. Le bénéficiaire
pourra en être un locataire extérieur pour une croisière
limitée dans le temps (de 8 à 15j). Mais le propriétaire
ou le principal actionnaire de la Sté propriétaire qui souhaite
utiliser lui-même son bateau doit être couvert par un contrat
de location et il faut que ce contrat de location soit au prix du marché.
Il ne doit pas y avoir de différence avec les tarifs habituellement
pratiqués.
C'est une obligation pour éviter des détournements et des
usages abusifs privés.
NB : Dans certaines circonstances, ce contrat ne sera pas exigé.
Par exemple, pour un bateau vendu ou en instance de vente, lorsque le
propriétaire fait procéder à des essais ou démonstrations
avant la conclusion de la transaction. Il faut alors une autorisation
du bureau des douanes compétent.
Autre exemple : un bateau qui se rend dans un autre port pour embarquer
de nouveaux passagers.
Conseil : le propriétaire doit demander un accord préalable
pour être couvert pour ce type de navigation.
3ème condition : Présence d'un équipage professionnel
permanent.
Il doit être doté d'un équipage ce qui permet de
réduire la population et le parc des bateaux entrant dans le cadre
de ce nouveau statut car seuls les bateaux d'une certaine dimension peuvent
disposer d'un équipage. Le moratoire antérieur s'appliquait
de manière indifférenciée sans tenir compte de la
taille des bateaux.
Ces trois conditions doivent être réunies pour bénéficier
des avantages de ce nouveau régime de la plaisance commerciale.
2) CONSEQUENCES :
Les bateaux pays tiers (bateau de commerce) bénéficient
donc de l'importation en franchise de TVA ; ils ne se trouvent pas ainsi
placés sous le régime de l'admission temporaire des moyens
de transports.
Il y a un certain nombre d'avantages pour ces bateaux : ils seront dispensés
du droit annuel de francisation et de navigation ou du droit de passeport
pour les bateaux étrangers utilisés ou exploités
dans les eaux françaises.
3/ CAS DE LA LOCATION DES NAVIRES DE PLAISANCE ETRANGERS DANS LES
EAUX FRANÇAISES :
Ces bateaux privés sont sous admission temporaire,
ils rentrent en suspension de droit et taxes et peuvent séjourner
18 mois. "
L'intégralité du compte-rendu de cette
manifestation ainsi que les textes cités par les intervenants sont
disponibles sur demande à l'adresse suivante : euro.info.centre@cote-azur.cci.fr
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