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Brèves et actualités | Technologies et innovation
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Autriche: le village de Rattenberg devrait bientôt pouvoir profiter du soleil en hiver grâce à la technologie des héliostats.
Lorsque Rattenberg fut fondée il y a un millénaire, sa localisation - entre la colline située au sud et l'Inn qui serpente au nord - était idéale pour protéger la population des intrus: à l'époque, on accordait davantage d'importance à la sécurité qu'à l'ensoleillement. De nos jours cependant, les gens n'apprécient plus guère de vivre sans lumière solaire, et la population de Rattenberg décroît régulièrement, ce qui s'explique en partie par le manque de soleil en hiver. Avec l'aide du programme paneuropéen EUREKA, Bartenbach Lichtlabor GmbH, une société autrichienne pionnière dans le développement de produits d'éclairage utilisant la lumière naturelle et artificielle, pense avoir trouvé une solution basée sur la technologie héliostatique. Un héliostat est un miroir orientable qui suit la course du soleil dans le ciel et réfléchit en permanence la lumière solaire directe vers l'endroit voulu au moyen d'autres miroirs fixes. La société a déjà utilisé des héliostats dans le cadre de projets d'éclairage menés antérieurement dans le monde et qui consistaient par exemple à "ensoleiller" des caves et des gares ferroviaires. En raison des coûts d'ingénierie et d'installation élevés qu'ils impliquent, on pensait toutefois que les héliostats ne se prêtaient qu'à l'éclairage "spectacle". La société Bartenbach LichtLabor estime à présent que la technologie des réflecteurs est suffisamment avancée pour justifier son premier essai d'ensoleillement au profit de toute une population. Dans le projet prévu à Rattenberg, les héliostats sont situés à environ 400 m au nord de la cité et ont pour tâche de rediriger la lumière solaire vers les réflecteurs secondaires localisés quant à eux au sommet de la Colline du château, qui surplombe directement le village. Les héliostats sont implantés sur une rotule et contrôlés par un ordinateur qui suit automatiquement le mouvement du soleil. Selon Markus Peskoller, responsable du projet, cette méthode permettra de fournir un éclairage ayant toutes les propriétés de la lumière naturelle - spots accentués, contraste ombre-lumière prononcé, luminance élevée, résolutions des couleurs spectrales et effets de scintillement. La lumière solaire ne baignera pas toute la ville, mais les habitants et visiteurs auront en tout endroit conscience de l'ensoleillement et, de ce fait, l'impression psychologique précieuse de se trouver dans une cité ensoleillée. Bartenbach LichtLabor a lancé ses études de faisabilité et plans de développement détaillés début 2005, mais la complexité du projet fait déclarer aux responsables qu'une longue phase de conceptualisation et de développement sera nécessaire avant que l'on puisse mettre la formule en oeuvre. La phase d'ingénierie actuelle durera environ 12 à 15 mois. La société pense disposer d'une maquette en taille réelle des différents composants au début de l'été 2006. Mais avant cela, il conviendra de relever plusieurs défis, dont le financement du projet grandeur nature (budget estimé à environ 1,5 million d'euros) ne constituera pas le moindre. Bartenbach Lichtlabor et la municipalité de Rattenberg ont trouvé dans le programme EUREKA un soutien financier pour le projet. Celui-ci prévoit la participation d'une société allemande et d'une université italienne, et a pour objectif de développer les composants technologiques qui permettront à des installations solaires de résoudre les problèmes des régions urbaines souffrant d'un déficit prolongé d'ensoleillement. Rien que dans la région du Tyrol, soixante autres villages partagent le sort de Rattenberg et de ses ténébreux hivers, et d'autres villes de montagne pourraient être séduites par la réussite de ce projet. Pour tout renseignement complémentaire, consulter le site web
suivant: Source : Cordis Nouvelles - 24/11/2005.
Mais si ces diverses technologies ont suscité opportunités et polémique chacune de leur côté, la convergence croissante de ces disciplines, à l'avenir, devrait entraîner des avancées technologiques qui poseront des défis majeurs non seulement aux chercheurs, mais aussi aux stratèges politiques et à la société dans son ensemble. Prenant conscience de la portée potentielle des technologies convergentes, la Commission européenne a instauré en 2004 un groupe de travail chargé d'appréhender les potentiels et les risques. Son objectif final était d'élaborer un rapport prodiguant à la Commission et aux Etats membres des conseils quant aux opportunités et défis que présente la convergence de technologies "capacitantes" clés. Un résumé de ce rapport a été présenté aux eurodéputés lors d'un atelier qui s'est tenu à Bruxelles le 18 octobre. La définition des technologies convergentes (TC) retenue par le groupe d'experts a été la suivante: "technologies et systèmes de connaissance 'capacitants', à même de poursuivre mutuellement un objectif commun". La première question soulevée par une telle définition est donc: vers quel objectif commun ces technologies "capacitantes" convergent-elles au juste? "Les TC impliquent toujours un volet fixant un calendrier", indique le groupe d'experts auteurs du rapport. "De ce fait, les technologies convergentes sont particulièrement ouvertes à l'inclusion délibérée des préoccupations publiques et politiques. La fixation intentionnelle d'un calendrier pour les TC peut donc être utilisée pour promouvoir des objectifs stratégiques tels que ceux que l'on retrouve dans l'Agenda de Lisbonne." Le groupe était chargé d'analyser la question dans un contexte spécifiquement européen, il a donc conçu une vision étendue de la convergence, reprise dans le concept de "technologies convergentes pour la société européenne de la connaissance" (TCSEC). Cela permet, selon les auteurs du rapport, de souligner l'importance du processus de fixation de calendrier en soi, et d'envisager divers programmes européens de TC, traitant chacun d'un problème distinct en réunissant différentes technologies et sciences "techno-capacitantes". "Un formidable potentiel de transformation s'accompagne de formidables inquiétudes. Ces inquiétudes doivent être prises en compte. Lorsqu'elles le sont, les technologies convergentes peuvent évoluer dans un climat favorable. Dans la mesure où les préoccupations du public sont incluses dans le processus, chercheurs et investisseurs peuvent agir sans crainte de voir les résultats de leurs travaux surencadrés ou rejetés", notent les auteurs, ce à quoi l'on s'attendait sans doute eu égard aux niveaux d'appréhension manifestés par le public à l'égard de certaines des disciplines jouant un rôle central dans ce concept de technologies convergentes. Les auteurs du rapport identifient quatre caractéristiques vraisemblables des applications TC, qui présentent chacune à la fois des opportunités et des menaces pour la société. L'immersion des TC - qui forment un infrastructure technique invisible pour l'action humaine - signifiera que mieux elles fonctionneront, moins nous les remarquerons. "Dès lors que nous vivrons tous en permanence dans l'environnement artificiel et se répandant partout de l'informatique ambiante, des matériaux intelligents et de la détection omniprésente, la société sera confrontée à des transformations bien plus fréquentes et profondes de la manière dont les individus et les groupes se conçoivent eux-mêmes", soutiennent les auteurs du rapport. De plus, au fur et à mesure qu'elles conquerront du terrain, les TC pourraient acquérir une portée pratiquement illimitée, les communications, les interactions sociales et même les états émotionnels étant tous "technicisés". La perspective est à la fois productive et dangereuse, selon le groupe d'experts, et la complaisance face aux technologies régentant tout pourrait être dangereuse à l'extrême. Alors que certains chantres des TC se font les avocats de la technicisation "de" l'esprit et du corps, via des implants électroniques et des modifications physiques destinées à améliorer nos capacités humaines, le groupe d'experts propose de se concentrer sur une technicisation "au service de" l'esprit et du corps, ajoutant toutefois que "dans un cas comme dans l'autre, les humains pourraient finir par abandonner une part toujours croissante de leur liberté et de leurs responsabilités à un monde mécanique agissant pour eux." Les TC peuvent enfin être "pilotées" en vue de répondre à des tâches bien spécifiques, mais la fiabilité de solutions hautement spécialisées peut également avoir un effet déconcertant. "Même si elles fonctionnent avec la fiabilité et le succès escomptables, les TC pourraient avoir un effet socialement déstabilisant étant donné que la performance économique accroît le chômage, que les traitements médicaux ciblés allongent l'espérance de vie, que les TC exacerbent la fracture entre riches et pauvres ainsi qu'entre les cultures technologiquement avancées et les cultures traditionnelles." Les auteurs du rapport concluent sur 16 recommandations à l'adresse des stratèges politiques au niveau européen et national, dont la nécessité d'intégrer une dimension TC dans les Sixième et Septième programmes-cadres (6e PC et 7e PC). Elie Faroult, l'un des responsables scientifiques de la Commission, qui a travaillé étroitement avec le groupe d'experts, a déclaré lors de cet atelier à l'intention des eurodéputés qu'un premier appel spécifique portant sur les technologies convergentes avait été lancé dans le cadre de la priorité Nanotechnologies du 6e PC, les premiers projets étant censés démarrer début 2006. Il a ajouté que des projets dont les premiers résultats étaient attendus pour bientôt avaient été financés au titre des programmes "NEST" (Nouvelles sciences et technologies émergentes et "IST" (Technologies de la Société de l'information) inscrits au 6e PC. La Commission et les Etats membres sont également enjoints à soutenir la création d'une structure de recherche sur les TC, une priorité partagée par la Commission aux dires de M. Faroult. Les auteurs du rapport insistent également sur la nécessité de soutenir l'apport des sciences humaines et sociales aux TC, en particulier celui de l'anthropologie évolutionnaire, de l'économie du développement technologique, des méthodologies prévisionnelles et de la philosophie. Dans le cadre des considérations sur la mission éthique et sociale, les auteurs du rapport appellent à maintenir une division stricte entre les ambitions militaires s'appliquant aux TC et le développement de ces dernières en Europe. Le mandat d'examen éthique des projets de recherche européens devrait être également étendu aux dimensions éthiques et sociales des TC, soutiennent-ils. Le groupe d'experts avance enfin que des modules TC devraient être introduits dans l'enseignement secondaire et supérieur, un objectif qui recueille l'assentiment de M. Faroult, sans que l'on ait pour l'instant d'idée bien claire sur la manière d'y parvenir. Un autre contributaire à l'atelier a noté
que les débats sur la technologie n'étaient jamais faciles,
étant donné que les nouvelles technologies engendrées
par la société n'ont d'autre vocation que de transformer
cette dernière de manière impossible à prévoir.
Mais selon Jan Staman, directeur du Rathenau Institute aux Pays-Bas, se
borner à considérer les TC comme une nouvelle forme d'avancée
technologique reviendrait à sous-estimer profondément leur
potentiel - argument repris en écho par d'autres experts. "Les
technologies convergentes constituent un nouveau type de recherche",
a-t-il conclu. "Là où nous employons actuellement le
terme de 'technologies convergentes', nous ne parlerons plus à
l'avenir que de 'recherche technologique'." Source :
Cordis Nouvelles - 19/10/2005
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Newsletter Europe | Novembre 2005
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