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Contrefaçon : l'Europe veut
mieux coordonner les poursuites et harmoniser les sanctions pénales.
La commission européenne souhaite faire adopter une nouvelle directive
en matière de propriété intellectuelle, dans le but
d'harmoniser les aspects pénaux de la lutte contre la contrefaçon.
La commission estime que les disparités dans les régimes
nationaux de sanction, outre qu'elles sont nuisibles au bon fonctionnement
du marché intérieur, rendent difficile une lutte efficace
contre la contrefaçon et la piraterie.
En matière d'harmonisation, un premier pas important a été
franchi lors de l'adoption de la directive 2004/48 relative au respect
des droits de propriété intellectuelle. Cette première
directive concerne les mesures, procédures et réparations
nécessaires pour assurer le respect des droits de propriété
intellectuelle.
Mais, même en matière pénale, un début d'harmonisation
a vu le jour avec l'entrée en vigueur de l'accord sur les ADPIC
qui prévoit des dispositions minimales en ce qui concerne les moyens
pour faire respecter les droits de propriété intellectuelle
qui touchent au commerce. Ces moyens comprennent la mise en uvre
de procédures pénales et de sanctions pénales.
Malgré ce premier pas, la commission estime que la situation juridique
dans la Communauté laisse encore apparaître de grandes disparités,
qui ne permettent pas aux titulaires de droits de propriété
intellectuelle de bénéficier d'un niveau de protection équivalent
partout sur le territoire de la Communauté.
Analyse de la proposition de directive.
L'article premier précise le champ d'application de la directive
: il énonce que celle-ci " établit les mesures pénales
nécessaires pour assurer le respect des droits de propriété
intellectuelle .
On se rappellera que la directive 2004/48 avait pris soin de préciser
que l'expression " droits de propriété intellectuelle
" inclut les droits de propriété industrielle. La proposition
actuelle ne répète pas cette précision, mais l'exposé
des motifs renvoie à la directive 2004/48 pour ce qui concerne
le champ d'application. Il semble raisonnable d'en déduire que
les droits de propriété industrielle sont également
couverts.
La directive impose aux états membres de qualifier d'infraction
pénale toute atteinte intentionnelle à un droit de propriété
intellectuelle commise à une échelle commerciale, ainsi
que la tentative d'une telle atteinte, la complicité et l'incitation
à une telle atteinte.
Le périmètre de l'infraction est donc limité par
la condition d'une atteinte intentionnelle commise à une échelle
commerciale ; il est par contre élargi à la tentative de
complicité et à l'incitation.
Au niveau des sanctions, la directive impose aux états de prévoir
des peines privatives de liberté pour les personnes physiques.
Pour les personnes morales, des peines spécifiques doivent être
prévues ; celles-ci sont de deux ordres : d'une part des amendes,
et d'autre part, la confiscation de l'objet, des instruments et des produits
provenant des infractions ou des biens dont la valeur correspond à
ces produits. La directive prend soin de définir ce que l'on entend
par une personne morale : " toute entité juridique ayant ce
statut en vertu du droit national applicable, à l'exception des
Etats et de tout autre organisme public agissant dans le cadre de l'exercice
de leur prérogative de puissance publique, ainsi que les organisations
internationales publiques ".
Outre ces sanctions de base, des peines accessoires doivent être
prévues en droit national. Ces mesures complémentaires sont
les suivantes :
1. la destruction des biens portant atteinte au droit de propriété
intellectuelle ;
2. la fermeture totale ou partielle, définitive ou temporaire,
de l'établissement ayant principalement servi à commettre
l'atteinte en cause ;
3. l'interdiction permanente ou temporaire d'exercice d'activités
commerciales ;
4. le placement sous contrôle judiciaire;
5. la dissolution judiciaire ;
6. l'interdiction d'accès à l'aide et aux subventions publiques
;
7. la publication des décisions judiciaires.
Parallèlement à la proposition de directive, le conseil
européen propose l'adoption d'une décision cadre précisant
les peines pour éviter des distorsions trop importantes entre les
états membres. On y lit notamment, concernant l'harmonisation des
peines :
1. Les Etats membres prennent les mesures nécessaires pour s'assurer
que les personnes physiques responsables des infractions visées
à l'article 3 de la directive ..../
/CE soient punissables
d'une peine maximale d'au moins 4 ans d'emprisonnement, lorsque ces infractions
ont été commises dans le cadre d'une organisation criminelle
au sens de la décision cadre
sur la lutte contre la criminalité
organisée ainsi que lorsque ces infractions entraînent un
risque pour la santé ou la sécurité de personnes.
2. Les Etats membres prennent les mesures nécessaires pour s'assurer
que les personnes physiques ou morales responsables des infractions visées
à l'article 3 de la directive ..../
/CE soient passibles de
sanctions effectives, proportionnées et dissuasives. Ces sanctions
comprennent des amendes pénales ou non pénales :
a) d'un maximum d'au moins 100 000 euros pour les cas autres que les cas
les plus graves ;
b) d'un maximum d'au moins 300 000 euros pour les cas mentionnés
au paragraphe 1
3. Les paragraphes 1 et 2 sont sans préjudice de l'application
de peines plus graves, notamment en cas de risque de mort ou d'infirmité.
La proposition de décision cadre règle également
les hypothèses, particulièrement nombreuses, est une infraction
qui concerne plusieurs états membres. Elle créée
un double régime :
- Le premier critère de compétences est, sans surprise,
la territorialité. Chaque Etat membre veille à ce que sa
compétence couvre au moins les cas dans lesquels une infraction
visée dans le projet de directive a été commise,
en tout ou en partie, sur son territoire.
- Lorsque l'infraction concerne plusieurs états membres, ceux-ci
doivent coopérer pour décider lequel d'entre eux poursuivra
les auteurs de l'infraction " avec pour objectif de centraliser,
si possible, les poursuites dans un seul Etat membre ". La décision
cadre prévoit explicitement que les états peuvent requérir
l'est de Eurojust.
Mais dans ce cas, comment les états arriveront-ils à se
mettre d'accord sur celui qui poursuivra l'infraction ? Laisser chaque
État fixer ses propres règles aurait eu pour effet de condamnés
à mort le système. Pour cette raison, la proposition de
décision cadre fixe un centre nombre de critères.
Les états devront prendre en compte, successivement :
1. l'Etat membre sur le territoire duquel les faits ont été
commis ;
2. l'Etat membre dont l'auteur est un ressortissant ou un résident
;
3. l'Etat membre sur le territoire la personne morale pour le compte de
laquelle l'infraction a été commise a son siège social
;
4. l'Etat membre sur le territoire duquel la victime est domiciliée
ou a son siège social 5. l'Etat membre sur le territoire duquel
l'auteur a été trouvé.
Auteur: Etienne Wery (Avocat aux barreaux de Bruxelles et Paris (cabinet
ULYS, membre Eurojuris) - Chargé de cours)
Source : Droit
et Nouvelles Technologies - octobre 2005
Propriété
intellectuelle : baisse du coût de la protection des marques dans
l'Union européenne.
La Commission européenne a décidé de réduire
les taxes à payer à l'organisme communautaire enregistrant
les marques dans l'ensemble de l'Union européenne (OHMI : Office
de l'harmonisation dans le marché intérieur, implanté
à Alicante en Espagne). Cette mesure soutenue par les Etats membres
allègera le coût de la protection de la propriété
intellectuelle pour les entreprises opérant dans le marché
unique de l'Union européenne en leur permettant d'économiser
entre 37 et 40 millions d'euros par an.
Charlie Mc Greevy, commissaire responsable du marché intérieur
et des services a déclaré : " Je me félicite
de cette diminution des taxes. C'est une bonne nouvelle pour les entreprises
qui pourront dorénavant bénéficier d'une protection
des marques dans l'ensemble de l'Union européenne à des
tarifs très attractifs, notamment par l'utilisation des services
en ligne. "
Les diminutions incluent :
" Une réduction du montant de la taxe à payer pour
le dépôt d'une demande de marque communautaire de 975 à
900 euros.
" Une réduction du montant de la taxe à payer pour
l'enregistrement d'une marque communautaire de 1100 à 850 euros
" Une baisse du montant de la taxe à payer pour le renouvellement
de l'enregistrement d'une marque communautaire de 2500 à 1500 euros.
Des remises encore plus importantes peuvent être obtenues (rabais
spécial de 150 euros) en envoyant les demandes de dépôt
ou de renouvellement par Internet sur le formulaire électronique
de l'OHMI.
Pour de plus amples informations, veuillez vous rendre sur le site de
l'OHMI :
http://www.ohim.eu.int
A consulter aussi le règlement 2005/1687/CE
modifiant le règlement 95/2869/CE relatif aux taxes à payer
à l'OHMI.
Fiscalité
et Union douanière : la Commission présente des actions
visant à doper la compétitivité européenne.
La Commission européenne a adopté un plan global prévoyant
des mesures fiscales et douanières à l'échelle de
l'UE pour aider l'Union à atteindre les objectifs de Lisbonne.
Ce plan énumère, dans le domaine de la fiscalité
et des douanes, les initiatives existantes et à venir de la Commission
qui ont pour objectif de réduire les coûts de mise en conformité
et les formalités administratives; d'aider les États membres
à garantir la stabilité des flux de recettes; de favoriser
une concurrence accrue sur les marchés; de stimuler les échanges
commerciaux et d'encourager les activités de recherche et de développement.
Les mesures proposées n'ont nullement pour objet de modifier la
structure des systèmes fiscaux des États membres ni d'empiéter
sur la souveraineté fiscale nationale de ces derniers. Elles visent
simplement à réduire les effets négatifs que la coexistence
des différents systèmes fiscaux nationaux a sur l'intégration
des marchés.
"Des politiques fiscales et douanières adaptées peuvent
contribuer à renforcer l'efficacité des économies
de l'UE et la compétitivité des entreprises européennes"
a déclaré le commissaire chargé de la fiscalité
et de l'union douanière, László Kovács. "Compte
tenu de la mondialisation et du développement des activités
transfrontalières, une approche communautaire dans certains domaines
fiscaux et douaniers serait hautement profitable aux secteurs industriel
et commercial".
La communication de la Commission décrit, dans
le domaine de la fiscalité et des douanes, des mesures communautaires
essentielles censées contribuer à l'ajustement structurel
dont ont besoin nos économies pour atteindre les objectifs de la
stratégie de Lisbonne. À l'heure actuelle, plusieurs aspects
du fonctionnement des 25 systèmes fiscaux nationaux empêchent
de tirer pleinement parti des avantages offerts par le marché unique
et imposent des coûts supplémentaires superflus aux entreprises
de l'UE. Ces dernières devant en outre faire face à un nombre
croissant de défis à l'échelle internationale, il
convient d'améliorer leur compétitivité sur le marché
mondial en prenant des mesures dans le domaine douanier. Un régime
fiscal attractif pour les investissements de recherche et de développement
(R&D) ainsi que des mesures respectueuses de l'environnement sont
en outre indispensables pour favoriser une croissance économique
durable.
C'est pourquoi, au cours des quatre prochaines années, la Commission
entend présenter une série d'actions destinées à
poursuivre ces objectifs. Les plus importantes de ces actions sont les
suivantes:
- des propositions visant à moderniser le code des douanes et
à promouvoir une meilleure utilisation des technologies de l'information
dans le domaine douanier;
- une proposition visant à permettre aux entreprises d'être
imposées sur la base d'une assiette unique de l'impôt des
sociétés couvrant l'ensemble de leurs activités dans
l'UE;
- des propositions destinées à moderniser les règles
relatives à la TVA, notamment celles en vigueur pour les services
financiers, afin d'accroître l'efficacité et de réduire
les coûts, et celles applicables aux entités publiques, afin
de garantir des conditions équitables pour l'exercice de la concurrence
avec le secteur privé;
- une communication relative aux moyens de lutter contre la fraude fiscale
dans l'UE;
- une communication concernant les incitations fiscales en faveur de la
R&D, qui arrêtera les principales exigences juridiques auxquelles
ces incitations doivent satisfaire au niveau de l'UE, mettra en lumière
les meilleures pratiques adoptées dans ce domaine et, le cas échéant,
précisera le message politique véhiculé;
La communication de la Commission intitulée "La contribution
des politiques fiscales et douanières à la stratégie
de Lisbonne" peut être consultée à l'adresse
suivante:
http://europa.eu.int/comm/taxation_customs/index_fr.htm
Texte complet sous sa référence sur : http://europa.eu.int/comm/press_room/index.htm
Source : Commission européenne - représentation
à Marseille - 26/10/2005.
Enregistrement des
médicaments : les redevances seront reduites et les règles
simplifiées.
Sur proposition de la Commission européenne,
le Conseil a adopté de nouvelles règles concernant les redevances
versées pour l'enregistrement de médicaments à usage
humain et vétérinaire à l'Agence européenne
des médicaments (EMEA).
Plusieurs redevances seront réduites, ce qui renforcera le principe
de proportionnalité entre le niveau des redevances et les services
fournis par l'Agence. La nouvelle réglementation met le système
de redevances en conformité avec la nouvelle législation
pharmaceutique de l'UE et les nouvelles responsabilités conférées
à l'EMEA. La proposition initiale de la Commission se base sur
une évaluation d'impact et tient compte des expériences
faites avec le système existant et d'une large consultation de
toutes les parties prenantes, en particulier l'industrie pharmaceutique.
Les nouvelles règles entreront en vigueur dans les prochains jours,
après leur publication au Journal officiel.
L'EMEA est un organisme décentralisé de l'UE dont le siège
est à Londres ; ses activités ont débuté en
1995 avec l'introduction d'un système européen d'autorisation
des médicaments. Ce système permet aux entreprises d'obtenir
une autorisation de mise sur le marché dans toute l'UE en présentant
une seule demande qui est évaluée par des comités
scientifiques composés des meilleurs experts européens.
L'EMEA a également pour mission de conseiller les entreprises concernant
leurs programmes de recherche et de développement et de fournir
des informations utiles et claires aux patients et aux professionnels
de santé.
La révision de la législation pharmaceutique communautaire
a des conséquences directes sur la mission et les responsabilités
de l'EMEA car elle crée de nouvelles tâches et modifie celles
qui existent. Les règles récemment adoptées comprennent
:
- plusieurs réductions de redevances, par exemple pour l'évaluation
de médicaments génériques, ou certaines modifications
mineures (variations) des dossiers d'autorisation de mise sur le marché;
- de nouvelles catégories de redevances pour de nouveaux services
fournis par l'EMEA, par exemple des avis scientifiques sur les médicaments
traditionnels à base de plantes;
- une prolongation du délai de paiement des redevances qui passe
de 30 à 45 jours;
- une flexibilité accrue pour l'adaptation de certaines redevances
au type de service et aux coûts connexes;
- une augmentation du seuil maximum pour la redevance annuelle ; le conseil
d'administration de l'EMEA a pour mandat de préciser les cas dans
lesquels une redevance annuelle réduite devrait être appliquée.
La Commission publiera sous peu une liste d'incitations financières
et administratives supplémentaires pour les petites et moyennes
entreprises.
De plus amples informations, notamment la réglementation elle-même,
sont disponibles sur :
http://pharmacos.eudra.org/F2/home.html
voir également : http://www.emea.eu.int
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