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Société SPINTRON : comment un projet européen de R&D peut s'inscrire dans le plan de développement d'une jeune PME.


Le projet européen EMAC "Embedded Magnetic Components" financé dans le cadre du 6ème Plan Cadre de Recherche et de Développement (PCRD) sur les thématiques jointes IST (Information Society Technologies) et NMP (Nanosciences, Matériaux et Nouveaux Procédés de fabrication) a été lancé officiellement par la Commission européenne le 5 septembre dernier.

Ce projet de recherche spécifique (STREP) implique 9 partenaires dont 3 de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur: la PME SPINTRON et le laboratoire CRMCN du CNRS à Marseille, ainsi que le cabinet de conseil TOPLINK INNOVATION à la Seyne sur mer prendront donc une part importante des travaux de recherche et la coordination générale du projet.

Ce projet européen a pour ambition d’explorer les technologies permettant le développement de composants CMOS (Complementary Metal Oxide Semiconductor) en intégrant des mémoires eMRAM, MRAM (Magnetic Random Access Memory) embarquées, que se propose de développer EMAC.

Ce type de mémoire, non volatile (données qui subsistent lorsque la mémoire n’est plus alimentée en électricité – machine éteinte) et monocouche, est basée sur le magnétisme, un phénomène physique permanent. Plus rapide, plus dense et moins coûteuse que les RAM conventionnelles voici les principaux atouts de cette eMRAM.

Les applications sont multiples au niveau industriel notamment pour divers capteurs et systèmes d’identification mais également pour des produits grands public comme les mémoires des futurs ordinateurs (dont la mise en route deviendrait instantanée), téléphones, PDA et baladeurs numériques.

Pour comprendre un peu mieux le parcours de ce consortium et savoir si un projet européen de recherche et développement est compatible avec l'organisation, le financement et la stratégie d'une PME, nous avons rencontré Antoine Filipe, dirigeant de Spintron, société à l’origine du projet."

Méditerranée Technologies : Pourquoi avoir opté pour un projet européen par rapport à des programmes d’aides nationaux ou régionaux comme ceux proposés par OSEO anvar, l’ANR ou la Région par exemple ?

Antoine Filipe : Il se trouve qu’en phase de démarrage de Spintron et pour rester en ligne avec notre Business Plan, la valorisation de notre technologie doit obligatoirement se faire à l'échelle européenne :

a. d’une part pour des raisons de pénétration plus importante du marché ,

b. mais aussi afin de pouvoir bénéficier de la richesse des partenariats possibles à ce niveau avec différents pays.

Il faut garder à l’esprit que la participation à un projet européen, c’est effectivement mutualiser sa R&D avec des industriels ou des laboratoires qui seront à terme des partenaires ou des clients.

Par ailleurs, OSEO anvar a parfaitement joué son rôle à l’époque puisqu’elle nous a permis de financer pour partie le montage de ce projet.

MT : Mais justement, le montage d’une telle proposition puis la rédaction du contrat avec la commission européenne ne constituent-ils pas un investissement en main d’oeuvre incompatible avec la gestion d’une PME en phase de démarrage ? Par ailleurs, avez-vous en interne toutes les compétences relatives à la technique de montage de ce type de projets ?

AF : Il est clair que pour toutes ces raisons, il vaut mieux s’adjoindre les services de professionnels du domaine qui savent comment constituer efficacement une offre à la commission européenne et lui donner les meilleures chances de succès. Pour ce qui nous concerne, nous avons fait appel à Toplink Innovation, société varoise qui fournit en région PACA conseil et services aux entreprises, laboratoires et collectivités locales dans le domaine des hautes technologies. Constituée de consultants spécialisés dans la microélectronique et les technologies de l’Information, cette société pilotée par un ancien industriel du domaine nous paraissait posséder en plus des techniques particulières indispensables au montage de projets européens, les compétences techniques utiles à une bonne compréhension du projet, ce qui est nécessaire pour faire passer le bon message à la commission. D’ailleurs Toplink Innovation, après avoir assisté le « prime contractor » (CNRS/CRMCN) lors de la phase de négociation du contrat avec la Commission, s’implique désormais dans le projet en tant que partenaire du consortium à part entière en proposant notamment un outil collaboratif pour faciliter et optimiser les travaux du consortium.

MT : Quels sont les résultats que vous attendez de cette initiative, au-delà de la réussite technique du projet ?

AF : Comme je vous l’indiquais, nous avons choisi des partenaires technologiques européens qui devraient être intéressés ultérieurement par les retombées du projet et en particulier, signer à terme avec Spintron des accords de partenariat voire de licence technologique correspondant à la contribution de Spintron au consortium. Le niveau d’excellence de ces partenaires et leur implantation au niveau européen nous permet de penser que la dissémination de notre technologie sera optimale en Europe à travers les retombées de ce programme.

MT : Comment la participation à ce type de projet peut valoriser une PME comme la vôtre ?

AF : Le fait d’avoir pu attirer des laboratoires prestigieux dans le projet est certainement crédibilisant pour nous, notamment vis-à-vis d’investisseurs potentiels intéressés par une participation ultérieure dans la société. Mais le résultat le plus intéressant pour nous est certainement une visibilité et une compétitivité accrue sur le marché.

Pour plus d’informations : www.emacproject.com
Sites internet :
Spintron - www.spintron.fr
Laboratoire CRMCN - www.crmcn.univ-mrs.fr

Interview réalisée par Méditerranée Technologies - Octobre 2005.

 

— Newsletter Europe| Numéro 13| Octobre 2005—