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Brèves et actualités | Technologies et innovation
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La plateforme technologique pour
les médicaments innovants : lancement de l'agenda de la recherche
stratégique. La plateforme technologique pour les médicaments innovants vient de présenter un projet d'agenda de la recherche stratégique visant à traiter les actuels goulets d'étranglement dans le processus de recherche et développement (R&D) biomédical et à accélérer le développement de nouveaux médicaments sûrs et efficaces. L'Europe a perdu sa place de centre mondial de la recherche biomédicale
suite à l'érosion progressive de sa base de R&D et au
transfert de la recherche de pointe vers les Etats-Unis. Entre 1990 et
2003, les investissements de R&D ont été multipliés
par 2,6 en Europe, par 4 aux Etats-Unis. L'agenda stratégique pour la recherche a été structuré en fonction des quatre principaux goulets d'étranglement identifiés dans le processus de R&D biomédical. Les quatre piliers de l'agenda ont dès lors pour objectif d'améliorer: la prédictivité de l'évaluation de la sécurité, la prédictivité de l'évaluation de l'efficacité, la gestion de la connaissance et l'enseignement et la formation. Par conséquent, l'agenda de la recherche englobe toute la trajectoire allant de la découverte d'une nouvelle cible thérapeutique à la validation et à l'approbation du composé final. Si l'on considère par exemple le pilier "sécurité" de l'agenda stratégique pour la recherche, les recommandations incluent la création d'un centre européen pour la sécurité des médicaments chargé de coordonner les besoins de recherche en matière de sécurité scientifique. Au chapitre "gestion de la connaissance", le SRA prévoit la création d'outils experts afin de permettre la mise en réseau sécurisée de bases de données qui ne sont actuellement pas reliées entre elles. Organiser cet agenda de la recherche est un élément important de l'initiative "médicaments innovants" dont l'objectif premier est toutefois de coordonner les investissements dans les processus de développement de médicaments et d'atteindre une masse critique de parties prenantes et de ressources. Pour y arriver, le SRA prévoit la création d'une entité juridiquement distincte financée à parts égales par la Commission et l'industrie biopharmaceutique. Le SRA ne fait que présenter les considérations initiales
de l'initiative "médicaments innovants" sur l'organisation
d'un tel organisme qui devrait être "à but non lucratif"
et avoir pour charge la gestion de la participation des parties prenantes
et autres aspects opérationnels de l'initiative. Le financement
annuel nécessaire pour une période initiale de sept ans
est évalué à 440 millions d'euros et doit permettre
à ce nouvel organisme d'assurer la mise en oeuvre des recommandations
contenues dans le SRA.
Alors que la sécheresse de cet été continue d'affecter de nombreuses régions d'Europe, les auteurs d'un projet intégré (PI) financé par l'UE mettent en garde contre les millions de tonnes de dioxyde de carbone qui seront rejetés dans l'atmosphère en raison de la mort des cultures, du dessèchement des sols et des incendies de forêt associés à la sécheresse, accélérant encore le problème du réchauffement de la planète. Cette prévision repose sur des mesures effectuées par le projet CarboEurope pendant les périodes de sécheresse qui ont touché l'Europe en 2003. Les scientifiques estiment qu'en juillet et août de cette année-là, quelque 500 millions de tonnes de CO2 se sont échappées des forêts et champs d'Europe occidentale - soit le double des émissions dues à l'utilisation de combustibles fossiles dans la région sur la même période. Les estimations ont été réalisées à l'aide de données recueillies auprès de 100 sites différents à travers l'Europe et basées sur l'analyse d'échantillons d'air afin de quantifier la présence de CO2 et de recenser les échanges de ce gaz entre les écosystèmes et l'atmosphère. Avant la sécheresse de 2003, l'équipe de CarboEurope estimait que les écosystèmes de l'Europe absorbaient 7 à 12 pour cent des émissions de carbone d'origine humaine, mais elle prévoit désormais que, cette année, ces mêmes écosystèmes seront des émetteurs nets de CO2. Le problème ne touche pas seulement l'Europe. La sécheresse affecte également une grande partie des Etats-Unis, où les cultures dépérissent et le bétail du Midwest meurt de stress et de chaleur. A New York, l'utilisation intensive de climatiseurs fin juillet a entraîné une demande d'électricité record. Une équipe de chercheurs américains a récemment rejeté l'idée selon laquelle les températures estivales toujours plus élevées accéléreraient la croissance des plantes et accroîtraient la capacité d'absorption de carbone des écosystèmes, affirmant que la chaleur a en fait réduit la capacité des plantes à absorber du CO2. "La chaleur excessive entraîne le dépérissement des forêts, accélère la perte de carbone des sols et fait passer la terre du statut de puits de carbone à celui de source de carbone pour l'atmosphère", commente Inez Fung, membre de l'équipe de l'université de Californie, Berkeley.
Innovation: les Etats-Unis l'emportent sur l'Union Européenne. Un rapport comparatif des performances des Etats-Unis et de l'UE en matière d'innovation dresse un sombre tableau des capacités concurrentielles de l'Europe, et avance cinq recommandations en vue de remettre l'UE sur les rails. Dans leur rapport, rédigé en complément du Tableau de bord de l'innovation 2005, Giovanni Dosi et Mauro Sylos Labini de l'école d'études supérieures S. Anna en Italie, et Patrick Llerena de l'université Louis Pasteur en France proposent les changements politiques suivants: - accroître le soutien à la recherche fondamentale de haut
niveau par le biais d'institutions flexibles; "Nous estimons que, pour rattraper son retard, l'Europe doit accorder sensiblement moins d'importance aux "mises en réseau", "interactions avec l'environnement local", "attentions aux besoins des utilisateurs" - autant d'obsessions actuelles des responsables politiques européens et nationaux - pour, inversement, mettre beaucoup plus l'accent sur des mesures d'ordre politique visant à renforcer la recherche de pointe et, à l'opposé, consolider les entreprises européennes concernées", peut-on lire dans le rapport. En matière d'innovation, les auteurs du rapport s'interrogent sur le processus linéaire, selon lequel la connaissance scientifique conduit à l'innovation technologique, laquelle à son tour conduit aux bénéfices économiques. Les innovations technologiques devancent parfois la science en cela que les inventions pratiques précèdent la compréhension scientifique, estiment les auteurs. De même, il est tout à fait courant que les avancées scientifiques soient rendues possibles grâce aux avancées technologiques. Les auteurs du rapport rejettent également l'opinion, souvent défendue par la Commission européenne, selon laquelle l'Europe est un acteur performant de la phase initiale du modèle linéaire, son point faible se situant au niveau du transfert subséquent de la connaissance scientifique en résultats. "Le "paradoxe européen" fait essentiellement référence au fait que l'Europe joue un rôle majeur au niveau mondial en termes de résultats scientifiques de haut niveau, résultats dont les entreprises européennes, pour diverses raisons, ne bénéficient pas. [...Toutefois], la référence à l'excellence scientifique de l'Europe est complètement déplacée", affirment les auteurs du rapport. M. Dosi et ses collègues fustigent également la stratégie mise en oeuvre en Europe pour réagir au paradoxe européen: faite de politiques axées sur le transfert technologique université-entreprise, elle affiche un "mépris général pour un éventuel financement d'une recherche fondamentale plus spéculative", poursuit le rapport. Centrer les attentions sur les liens entre universités et industrie est erroné, estiment les auteurs du rapport, se basant en cela sur leurs comparaisons de la recherche universitaire financée par l'industrie et dont les résultats vont "à l'encontre de la philosophie traditionnelle en matière de renforcement des liens financiers université-industrie aux Etats-Unis". La part des investissements privés dans la recherche universitaire, tout en restant limitée, est légèrement supérieure dans l'UE. La proximité physique entre universités et industrie, encouragée en Europe par la création de parcs scientifiques, est remise en question dans le rapport. Les auteurs se réfèrent à la Silicon Valley et à la Route 128 aux Etats-Unis pour affirmer qu'un accroissement du financement public, associé à l'émergence de nouvelles priorités de recherche, sont à la base de la formation de grappes. Les universités sont nécessaires à leur développement, mais n'y suffisent pas, affirment-ils. Le rapport dénonce des opinons généralement répandues en Europe et selon lesquelles l'UE fait mieux que les Etats-Unis en termes de citations et d'investissements publics dans la science. Un tableau intégré au rapport illustre que "rapporté à la population, le leadership européen tel qu'affirmé par certains disparaît". Un autre tableau démontre que ce leadership est dû à la productivité scientifique bien plus qu'au nombre de chercheurs aux Etats-Unis. L'affirmation selon laquelle le financement public de la R&D [recherche et développement] est supérieur dans l'UE par rapport aux Etats-Unis est qualifiée d'"infondée" dans le rapport. En effet, le gouvernement américain dépense plus pour la R&D menée par des entreprises et sous d'autres formes, selon les auteurs. En conclusion, M. Dosi et ses collègues présentent leur rapport comme une tentative de "défendre et de renforcer un système autorisant une 'open science' de haut niveau sur financement public - trop souvent menacée par la colonisation des 'droits de propriété' et les défenseurs de 'l'utilité pratique'". Il s'agit également, selon eux, d'une tentative pour offrir une vue pragmatique du rôle que les politiques publiques pourraient jouer en vue de soutenir la croissance des entreprises capables d'exploiter efficacement un réservoir d'opportunités innovantes en constante expansion.
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Newsletter Europe | Juillet Août 2005
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