A MARSEILLE, UN CONGRES POUR DEVELOPPER LES ECHANGES TECHNOLOGIQUES ENTRE PAYS MEDITERRANEENS


Marseille de notre correspondant régional

France Technopôles Entreprises Innovation (FTEI), qui regroupe 80 membres spécialisés dans l'innovation technique et industrielle, a réuni son congrès à Marseille, les jeudi 4 et vendredi 5 juillet, sur le technopôle de Château-Gombert. Les congressistes cherchent à poursuivre leur travail sans étouffer les initiatives locales qui ont fait le succès de leur réseau, présidé par Jean-François Balducchi.
François Kourilsky, président de Méditerranée Technologie (MT), émanation du conseil régional Provence-Alpes-Côte-d'Azur, a ainsi développé l'idée que, après les parcs d'innovation comme Sophia Antipolis, modèle impeccable et dépassé, il fallait désormais penser en termes de "toile technopolitaine".
C'est-à-dire tisser des réseaux entre les pôles d'excellence de la recherche universitaire ou industrielle.
Mais la nouveauté de la rencontre résidait surtout dans la présence de délégations venues de tout le pourtour méditerranéen pour évoquer les "échanges euroméditerranéens" dans ces domaines. Eu égard à la situation au Proche-Orient, il fallait d'abord que les délégués des dix pays riverains présents puissent se parler.
Les conseillers culturels et scientifiques des ambassades ont dû déployer, jusqu'à la dernière minute, de nombreux efforts. Mais on a finalement entendu à Marseille les premiers échanges sur ce terrain entre des Syriens, qui se lancent dans l'aventure des zones technologiques avec l'université de Bath, près de Homs, des Israéliens, dont la capacité au transfert d'innovation est réputée dans le monde entier, et des Libanais, dont le pôle technologique Berytech, lancé par les universités mais désormais entièrement privé, a récemment signé un accord de partenariat avec Méditerranée Technologie.

PASSAGE OBLIGÉ

Le congrès a aussi découvert que les pays du Maghreb, demandeurs de transfert technologique, développent eux-mêmes des pôles d'excellence : la Tunisie dans les industries de la mer ou l'agroalimentaire, ou l'Algérie dans les télécommunications avec le premier "cyberparck", entièrement financé par le groupe privé Khalifa.
La spécificité méditerranéenne a été l'une des questions évoquées. Le représentant de Marseille Innovation a ainsi plaidé pour des coopérations centrées sur les nouvelles technologies de l'information, tandis qu'un délégué turc abordait la question différemment : il a raconté que, après le tremblement de terre qui avait fait près de 20 000 morts à une centaine de kilomètres d'Istanbul en 1999, il fallait préparer "la ville au futur tremblement de terre qui aura lieu dans trente ans". C'est le but du Programme technologique sur les tremblements de terre du Centre de recherche de Marmara, qui rassemble des équipes venues d'Italie, de France et d'Allemagne. L'"un des meilleurs exemples, selon l'intervenant, de collaboration méditerranéenne" - ce qui n'empêche pas des Japonais d'y participer.
Autre idée, avancée par une déléguée italienne : "Pour le développement des affaires, l'accès commercial à un marché n'est plus suffisant" : l'accès aux technologies locales et l'échange des bonnes pratiques sont maintenant un passage obligé. Dans le secteur des fruits, par exemple, celui qui commercialise cherche désormais à contrôler le processus de production jusque dans les vergers. Façon de dire que toute coopération s'inscrit désormais dans des échanges de technologies.

Michel Samson


o ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU MONDE DU 09.07.02